This is the End

Et voilà, il fallait bien que ça arrive. Dix mois très riches, je ne sais pas s’ils sont passés vite car ce fut intense et on en a profité pleinement tous les jours. On aura fait ce qui nous correspondait et on a très peu de regrets. C’était parfait.

On a vu parmi les plus beaux paysages du monde, rencontré des populations le plus souvent très accueillantes, découvert des cultures riches. On a fait du vélo, du kayac, du bus, du train, du bateau, du snorkling, du quad, de la spéléo, du rafting, du cheval, de la plongée, de l’escalade, des centaines de km de scooter sans jamais tomber (et ça c’est plutôt balèze !), des centaines de km de marche, volé dans des avions de 50 places et des avions de plus de 500 places, … On est passé à côté de serpents, d’araignées, de blattes, de scolopendres, de tortues, d’éléphants, de poissons multicolores, de raies, de rats, de chats, de chiens (peut être aussi mangé d’ailleurs), de condors, de buffles, de yaks, des loutres, de singes, de toucans, de lama, d’alpaca, de chevaux ou d’ânes …

On a lu une dizaine de bouquins chacun, réappris à parler espagnol, on s’est entraînés en anglais, on sera monté à plus de 5000 mètres et descendus à moins 12, on a longé pas mal de précipices en bus dont certains avec un chauffeur qui s’endormait, on a bu des dizaines de litres de bières, on a passé trop de nuits dans des bus, on a parfois passé plus de 3 heures à chercher et tester des distributeurs pour pouvoir retirer de l’argent. On a fini le stock, pourtant important, de smecta et de tiorphan grâce à 3 grosses indigestions pour Tom et une pour moi. On ne se sera ni fait braquer ni voler, on a rien perdu de précieux et nous n’aurons pas eu d’accident (Tom aura quand même évité deux fois de belles chutes). J’ai passé plusieurs heures en cumulé à attendre que Tom termine de boucler son sac, 25kg en tout pour lui et 20kg pour moi, on a fait une centaine de check-in et de check-out, et puis on a aussi eu quelques engueulades mais surtout beaucoup de rigolades.

On a fait des belles rencontres, de quelques heures à plusieurs semaines passées ensemble, qui nous ont inspiré ou avec qui nous avons partagé de bons moments. Des gens d’origines variées et le plus souvent éloignés de notre environnement habituel. Parmi les plus marquants : Vincent l’overlander à San Gil en Colombie, Romaric et sa famille de la Casa colibri en Colombie, Toto le vegan en mitaines à Lima au Pérou, Benjamin (qu’on a retrouvé à Santiago)– Vincent et Justine les trekkeurs de Huaraz au Pérou, Lionel et Jean-Maxime avec qui ont aura passé quasiment 3 semaines au Pérou, Amar le chef de grands restaurants au Pérou également, Claudio qui a nous accueilli une semaine dans son éden amazonien au Pérou, Hulrich et Justine les Belges rencontrés en Bolivie, la famille Rojas qui nous a accueillis 10 jours à Cochabamba en Bolivie, Noé et Laure les Suisses rencontrés à Atacama au Chili, les Chiliens avec qui on a passé une soirée folle à Pitchelemou au Chili, Nicolas et sa copine rencontrés à l’Isla Grande au Brésil, Karim et Clélie sans manteaux à Katmandu, Ross un Américain rencontré à Muktinath au Népal, Tséring le tibétain rencontré à Pokhara qui nous aura éclairé sur sa vie et sa philosophie avec une grande bienveillance, Jerem et Morgane les artistes de rue Marseillais avec qui on aura fêté le nouvel an et exploré la vallée de Katmandou, le Xav’ qui travaillait dans la guesthouse où nous logions à Bangkok en Thaïlande, la famille qui nous a ouvert ses portes et invité à passer 4h non stop de karaoke à An Binh au Vietnam, Axel et sa mère des français vivant en Espagne depuis 20 ans rencontrés à Port Barton aux Philippines, Camillou le gérant de la Casa Felicidad avec ses théories cosmiques ainsi que Jean-Luc, Tania, Samir, la maman de Maurine et le crew français d’El Nido aux Philippines.

On a aussi retrouvé avec plaisir quelques têtes connues pendant ce périple : Chaloulou et Franca qui nous ont hébergés à Buenos Aires en Argentine, Pascal le cousin de Tom qui nous aura donné les bons tuyaux au Népal, les CAVVALO que nous avons retrouvé quelques jours en vacances à Krabi en Thaïlande, Caro et Adrien qui nous ont hébergés à Hanoï au Vietnam, Paulo qui nous a accueilli à Ho Chi Minh Ville au Vietnam, et Babas un autre cousin de Tom sur qui nous sommes tombés à l’aéroport de Manille aux Philippines.

Il est maintenant temps de rentrer car à force de voir tous les jours de belles choses on en devient un peu blasés. Il faut prendre le temps d’assimiler tout ça. C’est quand on regardera nos centaines de photos et de vidéos qu’on se rendra encore mieux compte de tout ce qu’on a vécu. On en aura avalé des kms, on a quand même fait le tour de la planète !

On a pris le temps de réfléchir à la vie, ce qu’on aimerait et ce qu’on ne veut plus. On espère réussir à garder la flamme même une fois réintégrés à notre quotidien Parisien.

On est contents de rentrer pour vous retrouver et retrouver aussi tous les bons côtés de la France, la nourriture et le bon vin nous manquent et on a oublié ce qui nous plaît moins. En tout cas plus on découvre d’autres pays et surtout d’autres histoires, plus on se dit aussi qu’on a de la chance d’être nés en France !

Je termine cette belle histoire par un spécial thank you à mon trio de commentatrices : Marion, ma mère et Hélène ma marraine. Vos petits mots m’ont toujours bien fait plaisir. 😉

Merci à mon photographe officiel et compagnon de voyage qui a agit en coulisse pour animer et sublimer ce site (et notre aventure). 😀

Merci la vie.

Cheers.

El Nido et San Fernando

El Nido

Poursuite de notre découverte de l’île de Palawan. Direction El Nido, le village le plus touristique de l’île. Et en effet, la majorité des touristes de l’île se sont parqués ici. Le village n’est pas beau, un assemblage de maison en tôles, de restau accrochés les uns aux autres, de bâtiments en construction et des petits chemins envahis de touristes et de tuktuk. C’est dommage car si on oublie l’urbanisation folle, le lieu est magnifique. Une baie entourée de petites montagnes karstiques. El Nido devait être un beau village avant que le tourisme explose. A présent, ce sont sont des dizaines de bateaux qui partent tous les jours pour réaliser les mêmes circuits et qui déversent des centaines de touristes dans des tous petits lagons ou des « secret beach » qui n’ont plus rien de secret.

On arrive donc à El Nido en début d’après-midi sans n’avoir rien réservé et on tombe dans le piège des lieux où les touristes bookent toutes leurs vacances plusieurs mois à l’avance. On a beaucoup de mal à trouver un logement décent à prix raisonnable. Après trois heures de recherche on finit par prendre un bungalow en ville, on s’en sort pas trop mal.

Sur la route de Palawan on nous avait vanté les eaux d’El Nido et un tour en bateau, le tour “A”, à faire « absolument ». On réserve pour le lendemain et on va faire le pire tour en bateau de notre voyage. Comme je l’expliquais plus haut on passe par de jolis spots, des laguns, des plages de sable blanc mais tellement surpeuplés qu’il était impossible d’en profiter.

Coron-coron, un coin un peu plus tranquille d’El Nido

La communauté française à El Nido

Une grosse communauté française s’est installée ici. 125 français y habitent à l’année, sur un village qui doit compter quelques milliers de Philippins. La majorité sont arrivés il y a 3 ou 4 ans, ont flairé le bon plan et ont monté des business (restau, hôtel, boutiques, centres de plongée…). Ils ont tous entre 28 et 35 ans. Tom avait un contact (ami d’ami) à El Nido. Nous nous sommes rendus dans son bar en arrivant. De fil en aiguille et en 10 jours passés dans le coin on a finit par connaître une bonne partie du groupe et Tom a eu vent des ragots du moment. Ils ont tous des parts dans les business des autres, finissent par se marier entre-eux et à amener de la famille dans leur cercle, ce qui créé une micro-société qui semble parfois un peu s’asphyxier. El Nido est un tout petit village et tout finit par se savoir très vite ici … Ambiance. Mais pour nous, qui ne sommes venus que quelques jours, c’était toujours très sympa de les rencontrer et de discuter avec eux.

Sur la route du Nord

Un peu dépités de notre expérience à El Nido on décide d’explorer les villages aux alentours, un peu plus au nord. On nous dit qu’il y a des balades sympas à faire en scoot et on peu potentiellement loger dans deux villages. Le contact de Thomas nous indique une guesthouse dans le premier village. On prend nos sacs et on part à l’aventure. Pour s’y rendre il faut prendre les fameuses Jeepney, le bus local.

D’anciennes Jeep américaines reconverties à la mode Philippines, c’est à dire “à l’arrache”.

On ne sait pas bien à quelle heure le bus part, la veille on nous dit vers 10h. Pour assurer on se pointe à la bus station à 9h. Là on apprend que ce sera plutôt un départ vers 10h30. On part finalement à 11h. Le bus s’arrête tous les 300 mètres pour charger et décharger. On mettra deux heures pour parcourir 30 km… Tom est bougon, il en a marre des transports locaux et on ne sait pas vraiment où on va atterrir.

San Fernando

La Casa Felicidad

On descend au village de San Fernando et on va à la guesthouse recommandée. Elle est tenue par un français, le frère d’un des cinq proprios (dont le copain de Tom). C’est simple mais propre, au bord de la plage et il n’y a quasiment personne. Banco !! On reste ici !!!

Notre petit bungalow en bamboo et feuille de palmier au bord de la mer

Espace lecture avec vue sur mer

A la base on pensait faire le tour des villages du nord quelques jours puis poursuivre sur une autre île des Philippines mais il nous reste seulement 10 jours avant de terminer le voyage et on est plutôt bien ici ! Pourquoi quitter un lieu idéal pour retomber dans l’inconnu. C’est le plan parfait pour terminer très tranquillement notre périple.

Les journées passent vite. Programme classique : on se lève, petit-dej-news internet, on va bouquiner, on mange au village, on re-bouquine, à 5 heures c’est le bain, entraînement physique avec jeu de raquettes de plage, puis à 18 heures apéro, repas à la guesthouse et discussions cosmiques et philosophiques tous ensemble autour de la grande table. Les gens qui viennent ici sont souvent des voyageurs et cherchent de la tranquillité. Il y a aussi beaucoup de français, souvent les copains ou contacts d’El Nido. On ne pouvait pas espérer un meilleur endroit pour terminer. On a pu prendre le temps de réfléchir au voyage et au retour, de partager nos sensations, nos idées, nos envies avec les autres expat’ ou voyageurs. Parfait.

Dernière soirée à la Casa Felicidad. 

Dans le sens des aiguilles d’un montre et en démarrant en haut à droite : Maurine (la copine d’un des proprio- elle vit à El Nido), Camille (le gérant de la guesthouse depuis quelques mois, petit-frère d’un autre des proprios – son frère est en couple avec la sœur du copain de Maurine …), Samir (le nouveau gérant de la guesthouse pour quelques mois, il a fait fortune en Belgique et a tout quitté pour recommencer ici), Peter et sa femme (des Américains iconoclastes qui vivent à Singapour), le chat enrhumé amoureux de Tom, Tom, le père de Maurine, la belle-mère de Maurine (qui fume des clopes roulées et quelques joints à l’occasion, éprise de liberté et bienveillante).

Petit-dèj

San Fernando

C’est un tout petit village qui reflète bien la vie des Philippins. Leur environnement de vie est toujours très basique, voir parfois entretenu avec une certaine nonchalance, mais reste propre et joli. C’est un jardin d’Eden. Les gens ici n’ont pas beaucoup d’efforts à faire pour survivre : ils n’ont qu’à lancer un fil pour attraper du poisson, lever la main pour manger une noix de coco ou des fruits et planter un peu de riz pour vivre. Leurs maisons sont faites en matières locales, bamboo et palmier. De ce fait, ils profitent de ce que la nature leur offre sans chercher à améliorer leur condition. C’est une philosophie de vie. Ils restent en mode survie : ils sont souvent assez maigres, meurent jeunes, et vivent avec le strict minium, mais ils chillent beaucoup, s’amusent, vivent en fam